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La Vinsobraise : la cave viticole qui remet le modèle coopératif au goût du jour

Publié le Jeudi 13 Octobre 2016

Le millésime 2016 s’annonce « excellent, notamment pour les rosés, avec des arômes de pamplemousse et de fruits tropicaux» nous indique Raphaël, l'assistant œnologue de la Vinsobraise

Climat capricieux, montée en gamme des vins du nouveau monde, concurrence accrue du négoce vinificateur : les caves coopératives vinicoles sont aujourd’hui soumises à de multiples problématiques qui pourraient, à terme, remettre en question leur modèle économique. Mais alors que certaines sont en difficultés, d’autres s’adaptent et démontrent que le modèle coopératif a toujours de beaux jours devant lui : il en va ainsi pour la cave de La Vinsobraise.

67 ans que ça dure. Le va-et-vient continu des coopérateurs venant apporter à la cave le précieux fruit d’une saison de culture de la vigne. 67 millésimes donc que la cave coopérative de la Vinsobraise permet aux vignerons du petit village de Vinsobres (Drôme) de produire l’un des vins les plus fins des côtes du Rhône.

Une aventure multidécennale donc qui commença en 1947 avec le rassemblement de 70 pionniers à l’origine du projet coopératif. D’abord limité en termes de capacité de production (seulement 6400 hl en 1949), celle-ci ne fera qu’augmenter pour atteindre 19 000 hl en 1958 et 35 000 hl en 1969. Un accroissement spectaculaire qui s’explique notamment par le passage de l’appellation Vinsobres en AOC Côtes du Rhône villages en 1957.


La vinification : une phase clef où le travail manuel trouve toujours sa place, comme ici le décuvage.
Crédit PMElink


Passer en Cru pour renforcer son image de marque

Cependant, après une période de stabilisation de l’activité et face à la production toujours plus qualitative de la concurrence, la cave, et les vignerons vinsobrais dans son sillage, prennent une décision cruciale : acquérir le statut de Cru des côtes du Rhône. Ce sera chose faite en 2006 à la plus grande satisfaction de Pascal Monier, le directeur de la cave, qui fut l’un des principaux instigateurs de ce projet.

« Aujourd’hui, après 10 ans on peut dire que le pari du passage en Cru est réussi » nous indique-t-il ainsi dans un sourire. Cela n’a pas été aussi explosif que pour l’appellation Gigondas par exemple, mais nous sommes satisfaits car cela nous a réellement permis de créer une marque plus forte ».

Une concurrence de plus en plus forte pour les caves coopératives

200 coopérateurs, jusqu’à 30 salariés pour une production de plus de 90 000 HL et un CA de presque 15 M€ : l’entreprise se porte par ailleurs très bien. Mais cela n’empêche pas Pascal de rester mesuré. « Nous subissons une concurrence de plus en plus forte, notamment de la part du négoce vinificateur » regrette-il ainsi.

Mais pourquoi les vignerons se tourneraient vers une entreprise privée lorsqu’ils peuvent être partie prenante d’une cave coopérative ? « Le négoce met plus rapidement les vins sur le marché et rémunère donc les vignerons plus vite » nous explique le directeur. Mais ce n’est pas tout. « Cela s’explique aussi par la perte progressive de l‘esprit coopératif chez certains vignerons » continu celui qui s’investit dans le projet depuis plus de 30 ans.  


Dégustation en avant première du millésime 2016. Crédit : PMElink

Des vins qui s’exportent jusqu’au Brésil et au Burkina Faso

Un constat qui pourrait pousser au pessimisme mais que M. Monier envisage sereinement. « Pour l’heure on résiste bien ! », assure-t-il ainsi. Une résistance organisée autour de certains principes fondamentaux qui ont fait la force de la cave. Tout d’abord la recherche constante de qualité que l’on peut mesurer aux cuvées Excellius et Therapius qui se classent parmi les meilleurs vins en AOC Vinsobres. Par la puissance de la cave ensuite, qui cumule encore environ 65%  de la production totale de l’appellation. Par l’export enfin car même si « nous confions la majorité de notre production vouée à l’export à notre partenaire du Cellier des Dauphins, nous réalisons certaines opérations directement ».

Brésil, Belgique, Chine, Suède et même Burkina Faso : les vins de la vinsobraise se dégustent en effet aujourd’hui sous de nombreux tropiques et auprès d’une clientèle variée.

« 2015 : le meilleur millésime de ces 20 dernières années »

Une clientèle par ailleurs gâtée ces derniers temps avec un millésime 2015 qui fut « le meilleur de la cave de ces 20 dernières années en rouge » estime Sébastien Fraychet, l'œnologue de la cave, et un millésime 2016 qui s’annonce « excellent pour les rosés avec des arômes de pamplemousse et tropicaux et très qualitatif sur les blancs et les rouges sans pour autant être au niveau de 2015 » nous indique Raphaël, l’assistant œnologue en charge de la vinification.

A l’heure où, à l’échelle mondiale, le secteur viti-vinicole semble de plus en plus s’organiser autour de grand acteurs privées, la Vinsobraise nous démontre que l’organisation en cave coopérative et « un modèle tout à fait viable économiquement » comme l’indique son directeur. Une bonne nouvelle lorsque l’on considère qu’en plus de son caractère démocratique et solidaire le secteur coopératif dans le domaine du vin représente plus de 84 000 adhérents, 17 680 employés et 6 Mds€ de CA.

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